Depuis la nuit où j’ai croisé l’enfant, quelque chose a changé. Les Voix ne cessent de répéter son prénom, comme une litanie. Elles ne me guident plus vers des proies au hasard : elles me ramènent toujours vers elle.
J’ai essayé de chasser ailleurs, mais les lettres noires refusent de se matérialiser. Comme si la ville elle-même m’interdisait toute autre offrande. J’ai compris. Elle est choisie. Marquée.
Je l’ai suivie à distance. Sa maison respire la peur : rideaux tirés, croix tracées à la craie, prières murmurées au seuil. Mais rien n’arrête les Voix. Je les entends s’insinuer dans ses rêves. La nuit, elle parle toute seule, répond à des choses qu’aucun autre humain n’entend.
Hier soir, elle m’a écrit un mot. Oui… écrit. Avec une écriture tremblante, maladroite, mais les symboles… ce n’étaient pas des lettres d’enfant. C’étaient des signes anciens, les mêmes que dans les manuscrits interdits que j’ai dévorés.
Quand je l’ai ramassé, les Voix se sont tues. Pour la première fois depuis ma transformation. Un silence absolu. Insupportable.
Puis une seule voix a chuchoté, plus claire, plus froide :
« Elle n’est pas ta proie. Elle est ton héritière. »
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