La France avait changé. Les grandes villes autrefois pleines de vie étaient maintenant des carcasses de béton, fissurées et envahies par la végétation sauvage. Les rues de Paris, désertes, résonnaient uniquement du vent qui sifflait entre les carcasses de voitures brûlées. La Tour Eiffel, autrefois symbole de lumière et d’art, se dressait comme un squelette de fer tordu contre un ciel couleur cendre. Au début, personne n’avait compris ce qui se passait. Une maladie inconnue s’était propagée, mais ce n’était pas seulement un virus : ceux qu’elle touchait disparaissaient, remplacés par des silhouettes floues et hurlantes, comme des fantômes affamés. Ils erraient dans les rues, murmurant des noms oubliés et traquant les rares survivants. Camille, une jeune femme de Lyon, avançait à travers la campagne en ruines avec un petit groupe de survivants. Ils avaient entendu des rumeurs sur un refuge dans le sud, mais chaque nuit, le noir semblait se resserrer autour d’eux. Les arbres semblaient bouger d’eux-mêmes, les rivières reflétaient des visages qui n’étaient pas les leurs, et la lune disparaissait parfois derrière une brume rougeâtre, laissant le monde dans une obscurité totale. Un soir, alors qu’ils campaient près de ce qui restait d’un ancien château, un cri perçant retentit. L’un des survivants disparut dans un nuage de fumée noire. Camille vit alors les silhouettes : des hommes et des femmes qu’elle avait connus, leurs yeux vides brillants dans l’ombre. Ils avançaient lentement, mais inexorablement. Elle comprit alors que la France n’était plus un pays. C’était un tombeau. Et ce tombeau… voulait tous les vivants. Au matin, la lumière révéla l’horreur. Le château était vide, leurs traces effacées par la boue sombre et collante qui semblait vouloir les avaler. Camille, seule, réalisa que la terre entière était devenue une entité vivante, consciente de chaque peur, chaque faiblesse. Et quelque part, dans le silence, une voix susurrait : « Bienvenue chez nous. »
submitted by /u/oubaoubaa
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