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Critique et Analyse : “Monstre : L’histoire d’Ed Gein” (Saison 3 de l’anthologie Monstre) Synopsis : Plongée dans l’Origine du Cauchemar Américain ”Monstre : L’histoire d’Ed Gein” est la troisième saison de la série d’anthologie à succès de Netflix, co-créée par Ian Brennan et Ryan Murphy, après les récits consacrés à Jeffrey Dahmer et aux frères Menéndez. Cette saison nous plonge dans le Wisconsin rural des années 1950 pour retracer la vie d’Edward “Ed” Gein (incarné par Charlie Hunnam), l’un des criminels les plus influents du XXe siècle, souvent surnommé le “Boucher de Plainfield”. La série se concentre sur le parcours psychologique et les circonstances qui ont transformé cet homme à l’apparence discrète en un monstre. Le récit explore en profondeur son enfance difficile, marquée par l’isolement, la psychose et surtout, une obsession pathologique et destructrice pour sa mère dominatrice, Augusta Gein (jouée par Laurie Metcalf). Après la mort de celle-ci, Gein devient un reclus solitaire dont les pulsions macabres le mènent à commettre des profanations de tombes et des meurtres. La série retrace l’enquête qui a conduit à la découverte de son domicile, une véritable “maison des horreurs” où les restes humains et les “trophées” macabres étaient utilisés pour décorer ou confectionner des objets. L’Héritage Macabre : Ed Gein et son Influence sur le Cinéma d’Horreur L’un des aspects les plus fascinants de l’histoire d’Ed Gein est son rôle de prototype du tueur en série moderne dans la culture populaire. La série de Ryan Murphy et Ian Brennan met un point d’honneur à souligner cette influence majeure. Les crimes d’Ed Gein ont inspiré directement ou indirectement la création de plusieurs des figures les plus emblématiques et terrifiantes du cinéma d’horreur : Norman Bates dans Psychose (1960) : L’inspiration la plus directe vient de la relation toxique et fusionnelle de Gein avec sa mère, qui est le cœur de la folie de Norman Bates. La série explore d’ailleurs la période de création du film Psychose, avec des apparitions d’Alfred Hitchcock et de son épouse Alma Reville. Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse (1974) : L’aspect de l’isolement rural, la maison des horreurs remplie de restes humains (fauteuils, têtes réduites) et l’idée d’un tueur portant des peaux humaines sont directement tirés des découvertes faites dans la ferme de Gein. Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux (1991) : Le désir de Buffalo Bill de créer un “costume” de femme à partir de peaux humaines est inspiré des macabres confections de vêtements féminins que Gein aurait réalisées. La Vision d’Ian Brennan et Ryan Murphy : Entre Psychologie et Fascination La saison, supervisée par Ryan Murphy et Ian Brennan, adopte l’approche psychologique qui caractérise l’anthologie Monstre. La contribution de Ian Brennan et l’approche narrative : L’Accent sur la Psyché (Le Mal Né) : Comme pour Dahmer, la série se penche sur la genèse du monstre. L’approche de Brennan et Murphy vise à décortiquer les facteurs environnementaux (l’isolement, le Wisconsin des années 50) et familiaux (l’emprise maternelle d’Augusta) qui ont façonné Ed Gein. L’Héritage Culturel : Ce qui distingue cette saison, c’est l’exploration de la façon dont le true crime est devenu un phénomène de culture populaire. En incluant des personnages comme Alfred Hitchcock et Tobe Hooper (le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse), la série illustre comment les actes sordides de Gein ont été rapidement mythifiés et réinterprétés par Hollywood, engendrant un nouveau genre de “monstre” cinématographique. Le Ton Sombre et Troublant : Ian Brennan a décrit cette saison comme étant “la meilleure des trois”, soulignant son caractère potentiellement le plus dérangeant et le plus immersif de la franchise. La série n’hésite pas à s’approcher des zones sombres, notamment lors de la reconstitution de la perquisition de la ferme, sans pour autant toujours tomber dans le voyeurisme gratuit. Notre Avis ”Monstre : L’histoire d’Ed Gein” est un récit glaçant et fascinant qui fonctionne à deux niveaux : comme une biographie criminelle troublante et comme une analyse de l’impact du true crime sur la fiction. Grâce à la performance intense de Charlie Hunnam, la série parvient à rendre la solitude et la folie d’Ed Gein palpable. Cependant, comme pour les saisons précédentes, l’œuvre n’échappe pas aux controverses, certains critiques y voyant une fascination malsaine et une potentielle “glamourisation” du tueur. Pour les passionnés de true crime et d’horreur, cette saison est indispensable. Elle offre une plongée méticuleuse dans l’histoire de l’homme qui a réécrit les codes de l’épouvante et une réflexion sur la manière dont nos pires cauchemars sont souvent inspirés par une réalité historique. C’est une œuvre visuellement soignée et dramatiquement puissante, même si elle impose au spectateur de faire face à une noirceur humaine radicale submitted by /u/dario_romero |
