Les prières dans le mur

J’ai 17 ans aujourd’hui.
Mais ce que je vais raconter s’est passé quand j’en avais 14.

Cette année-là, mes parents avaient acheté une maison un peu à l’écart du centre-ville. Une grande bâtisse ancienne, entourée de champs et bordée par une forêt.
Ils rêvaient de calme, de nature, d’espace.
Moi, j’ai tout de suite détesté cet endroit.

Dès le premier soir, j’ai senti quelque chose d’étrange. Pas un danger… juste cette impression qu’on n’était pas seuls.
La maison grinçait tout le temps. Les couloirs semblaient plus longs la nuit. Et le grenier, surtout, me mettait mal à l’aise.

Les anciens propriétaires avaient laissé un vieux crucifix accroché au mur du couloir. Ma mère voulait le jeter, mais mon père a dit que ça portait chance.
On l’a laissé là.
Je crois que c’est à partir de ce moment-là que tout a commencé.

La première fois, j’ai entendu des pas à l’étage.
C’était vers minuit. Je jouais sur mon téléphone, tout le monde dormait. Des pas lents, réguliers, juste au-dessus de ma chambre.
Je me suis levé, j’ai monté l’escalier… rien.
Mais le crucifix, lui, était tordu, comme si quelqu’un avait essayé de l’arracher du mur.

La deuxième nuit, c’était pire.
Je me suis réveillé à cause d’un bruit de respiration — lourde, irrégulière — venant du coin de ma chambre.
Quand j’ai allumé la lampe, il n’y avait personne.
Mais l’air sentait fort… comme une odeur de bougie éteinte, de cire brûlée.

Au bout d’une semaine, j’ai remarqué que les miroirs de la maison reflétaient parfois des choses différentes.
Une ombre derrière moi, des silhouettes dans le couloir.
Et chaque matin, le crucifix changeait légèrement de position, sans que personne ne l’ait touché.

Un soir, j’ai entendu ma mère prier dans sa chambre. Sa voix tremblait.
Je suis allé frapper à sa porte, mais quand elle s’est ouverte, elle dormait profondément.
Et pourtant, j’entendais encore sa voix murmurer une prière… juste derrière le mur.

La nuit suivante, j’ai voulu filmer.
Vers trois heures du matin, j’ai pointé la caméra vers le couloir. On y voit le crucifix… et, pendant une fraction de seconde, quelque chose passe devant.
Une forme blanche, haute, sans visage.
Et sur l’enregistrement, juste avant que l’image se brouille, une voix chuchote :

“Non tibi, sed nobis.”
(ou du moins c’est ce que j’ai entendu)

Le lendemain matin, le crucifix n’était plus au mur.
À sa place : une marque noire, brûlée dans le bois.
Et dans ma chambre, sur le mur au-dessus de mon lit, trois traces de doigts… comme trempées dans de la suie.

Nous avons déménagé un mois plus tard.
Mes parents n’ont jamais voulu en parler.
Mais parfois, la nuit, j’entends encore le bruit des pas au-dessus de moi.
Et dans mes rêves, la voix continue de murmurer la même phrase.

“Non tibi, sed nobis.”

Aujourd’hui, même à 17 ans, j’ai encore plein de questions : qui était vraiment cette présence ? Pourquoi choisissait-elle cette maison ? Est-ce qu’elle m’a suivi jusque-là ? Et surtout, que veut dire cette phrase ?…

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