Histoire d’horreur que j’ai réellement vécu

Mon histoire se déroule pendant ma première année universitaire, en 2022. J’avais un groupe de potes qui s’était formé depuis le secondaire. Un jour, Jean a écrit dans notre groupe de discussion pour nous proposer de passer chez lui : il avait trouvé une planche de Ouija chez son grand-père. Nous ne savions pas vraiment ce qu’était une planche Ouija, et seuls les plus curieux ont accepté d’y aller. Parmi eux, j’étais présent — nous étions donc quatre : Youssef, Memeur, moi et Fifa.

Une fois arrivés, Jean nous a expliqué le principe du Ouija. Nous étions un peu des bad boys, pas du tout convaincus par ces choses-là, mais curieux de voir. On a demandé à Jean si on pouvait faire une séance. Il a d’abord refusé : il disait qu’il aimerait bien, mais pas chez lui. On l’a toutefois persuadé — on savait que personne n’aimerait tester ça dans son propre appartement — et il a fini par accepter, précisant qu’il ne participerait pas. Il nous a seulement expliqué les règles du jeu.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu un frisson, comme si quelque chose me disait de ne pas le faire. Malgré ça, le temps passait et il était environ 18h : on a acheté des bougies qu’on a allumées au centre de la maison, on a fermé toutes les fenêtres pour créer une ambiance sombre. On a posé nos mains sur le verre de la planche — seul Jean n’a pas participé, il regardait. On a commencé à appeler les esprits : « Y a-t-il un esprit dans cette maison ? » On a répété plus de dix fois, rien. Puis Memeur a dit : « S’il y a un esprit, bouge le verre sur Oui. » Toujours rien. On s’est même un peu moqués de nous-mêmes, nos voix ressemblaient à celles de sectes faisant un rituel.

Au moment où on a ri, la planche a bougé, peu à peu, puis s’est déplacée brusquement sur « Oui ». Un frisson nous a saisi : malaise et peur. Nous avons tous retiré nos mains du verre — et c’était justement la première règle à ne pas enfreindre lors d’une séance de Ouija. La maison s’est aussitôt plongée dans un silence immense. Après une minute, Memeur a éclaté d’un grand rire. Youssef l’a accusé d’avoir fait bouger la planche — c’est son genre de faire des canulars — mais Memeur n’a ni nié ni confirmé, il a juste continué de rigoler. Nous aussi on a repris nos rires, persuadés que c’était lui.

Jean nous a proposé de continuer la soirée pour oublier ce frisson. Pourtant, dans ma tête, je sentais que ce n’était pas Memeur qui avait bougé la planche. Comme personne n’a plus insisté, j’ai fini par l’oublier aussi. On a passé une soirée tranquille : bières, clopes et musique. À 23h40, complètement bourrés, Fifa a eu l’idée de chercher une sensation forte.

Non loin de la maison de Jean se trouve une rue qui sort de la route nationale puis y revient, comme un petit tournant. Sur ses deux côtés il y a plusieurs tombes et beaucoup d’arbres. On l’appelait la « Rue de la Mort ». Nous la connaissions bien mais ne nous y étions jamais rendus la nuit. Sous l’effet de l’alcool, Fifa a proposé d’y aller pour intensifier la montée d’adrénaline. Memeur et Youssef étaient immédiatement partants ; Jean et moi, pas du tout.

On leur a dit que c’était une mauvaise idée : peut-être qu’il n’y aurait rien de paranormal, mais il pouvait y avoir des pickpockets. Malgré tout, l’adrénaline les poussait. Finalement j’ai pris la décision d’aller avec eux, au cas où, pour veiller sur eux — je suis le plus âgé — et Jean est resté pour garder la maison.

Pour rejoindre la route nationale qui mène à la Rue de la Mort il faut descendre un escalier. En bas de l’escalier, nous avons remarqué un homme un peu âgé qui nous regardait fixement, avec un regard très furieux et malsain. Au début, on a pensé que c’était un mendiant ou un fou qui voulait nous intimider, alors on l’a ignoré. Mais en arrivant au bas, il nous regardait toujours de la même façon. Youssef, agacé, lui a fait un doigt d’honneur et l’a insulté violemment, puis on est parti.

Petite précision : nous portions tous des chaussures, sauf Youssef qui avait des sandales. On a marché jusqu’au tournant qui mène à la Rue de la Mort. Au moment d’y entrer, un frisson nous a tous traversés : on s’est regardés, conscients que c’était une mauvaise idée, mais personne n’a osé dire quelque chose. Après une minute, Memeur a dit qu’on devait y aller et qu’on n’avait pas le droit d’être des trouillards. Je voyais qu’il avait lui aussi peur, et je sentais que l’alcool n’agissait plus : nous étions redevenus lucides. La rue était vraiment sombre.

J’ai eu l’idée de filmer et d’allumer le flash de mon téléphone pour éclairer un peu — j’étais le seul à en avoir un. Malgré la sensation, nous avons marché dans la rue. Très vite, on a entendu des pas qui nous suivaient. On n’a pas osé se retourner pour ne pas voir quelque chose d’effrayant ; on s’est simplement pris la main les uns aux autres. Le bruit de pas restait derrière nous, pas très loin mais pas tout près non plus. Fifa a reconnu le son : c’était un bruit de sandales — et Youssef portait des sandales. Sans regarder derrière, on lui a ordonné de les enlever et de marcher pieds nus pour vérifier si le bruit venait vraiment de lui.

Dès qu’on a repris la marche, le bruit nous a suivi de plus en plus près. On a alors sprinté, toujours mains liées, et heureusement on est arrivés au bord de la rue — on n’était pas encore sur la route nationale mais il n’y avait plus d’arbres pour assombrir l’endroit. Memeur, avec son attitude de bad guy, a voulu refaire le chemin pour confronter celui qui nous suivait. J’ai allumé le flash sur la rue et on a aperçu la silhouette de deux gars, chacun armé d’un couteau, qui s’approchaient lentement. Soudain, mon téléphone s’est éteint et nous avons plongé dans le noir.

On a encore sprinté pour rejoindre la route nationale. Arrivés, on s’est retournés : plus personne ne nous suivait. Fifa m’a demandé pourquoi j’avais éteint mon téléphone ; je lui ai répondu que je ne l’avais pas éteint et que la batterie était à 58 %, je ne savais pas si c’était un bug. Par sécurité, on a décidé de rentrer chez Jean en contournant la Rue de la Mort — on ne voulait pas affronter ces deux types.

En remontant l’escalier, nous avons retrouvé le même homme qui nous avait fixés au début. Il était toujours là, nous regardant, mais cette fois il tenait un couteau et semblait sourire en nous voyant. J’ai aussi remarqué qu’il portait des sandales. Nous avons pris alors la décision — peut-être la meilleure, peut-être pas — de ne pas rentrer chez Jean mais de nous réfugier dans un stationnement où plusieurs personnes dormaient en attendant leur transport. Dès qu’on est arrivés au stationnement, on s’est senti soulagés.

Je pensais tout de suite à Jean : miracle, mon téléphone a redémarré et j’ai pu l’appeler pour lui dire de ne pas ouvrir la porte si quelqu’un frappait, car nous ne rentrerions pas. Il n’a rien dit et j’ai raccroché. On s’est mis à discuter : qui étaient ces gars ? Que voulaient-ils ? L’homme de l’escalier était-il celui qui nous avait suivis ? Memeur a interrompu et a suggéré que cela pouvait être lié au Ouija — même si le Ouija n’avait apparemment pas fonctionné et qu’il avait lui-même bougé la planche. Mais, avec un regard terrifié, il a fini par avouer qu’il n’avait jamais bougé la planche. Il pensait au début que c’était une blague d’un de nous ; tout le monde a été choqué et a immédiatement pensé à Jean : peut-être était-il en danger seul à la maison.

Nous l’avons rappelé, mais il ne répondait plus. On n’a pas fermé l’œil de la nuit d’inquiétude pour lui. Vers 4h30 du matin, on a décidé d’aller chez lui pour vérifier s’il allait bien. Le gars n’était plus en haut de l’escalier. Arrivés chez Jean, on a frappé mais il n’ouvrait pas — on a craint le pire. Au bout de cinq minutes, il a enfin ouvert. Son regard était terrifié, ses yeux épuisés, comme s’il n’avait pas fermé l’œil de la nuit.

Il nous a raconté qu’une heure après notre départ, plusieurs personnes avaient frappé à sa porte. Au début il pensait que c’était une blague de notre part, mais les coups sont devenus de plus en plus forts. Bientôt, il a compris que ce n’était pas nous : plusieurs voix se mêlaient dehors, et l’une d’elles ressemblait à celle d’une vieille femme. Il a essayé de nous appeler, mais n’a pas réussi à joindre mon téléphone. Il s’est approché de la porte pour écouter, et a entendu des chuchotements incompréhensibles qui l’ont figé de terreur. Ses yeux restaient ouverts mais il semblait perdre toute force. Il a pensé que c’était sa dernière heure. Après environ deux minutes, il a entendu une voix d’homme dire « Partons », les bruits se sont tus, et il est redevenu « normal ». Il s’est effondré sur son lit, encore sous le choc — et c’est à ce moment-là que j’ai pu l’appeler ; il m’a dit qu’il était trop terrifié pour répondre à mes appels.

Ce jour-là, nous avons décidé de rester chez lui pendant une semaine pour qu’il ne se sente pas seul et pour qu’il se sente en sécurité. Nous avons aussi vérifié la vidéo que nous avions filmée, mais il n’y avait rien dessus — aucun indice. J’ai été un peu soulagé, mais aussi confus.

Depuis, il n’y a plus eu d’événements bizarres dans nos vies. Nous n’avons jamais revu exactement ce mec, bien que j’aie parfois cru apercevoir un homme qui lui ressemblait — mais il me semblait plus jeune, alors je n’en suis pas sûr. Je ne sais pas s’il y a un lien entre le Ouija et ce qui nous est arrivé, ou si ce n’était qu’une coïncidence : des malades mentaux ou des sorcières nous ayant harcelés. En écrivant tout cela, je suis toujours un peu choqué par cette nuit. Quand on se réunit, personne ne rigole de cette histoire.

Pour finir : Jean a rendu la planche de Ouija chez son grand-père. Il ne l’ a pas parlé plus tôt parce qu’il l’avait prise sans permission.

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