Je me suis évanoui au pied d’une cascade

Je n’ai jamais vraiment cru aux histoires de “lieux maudits” ou aux légendes locales… jusqu’à ce que je mette les pieds à la cascade de Jaun, en Suisse. J’y étais l’an dernier avec des amis. On en avait entendu parler vaguement sur un forum ésotérique : un endroit avec une “énergie vibratoire exceptionnelle”. Au début ça nous a fait rire, mais l’un d’entre nous, Loïc*, prenait ça très au sérieux. Il faisait du Reiki, du pendule, ce genre de trucs. C’est lui qui a insisté pour qu’on y aille.

On est arrivés de nuit, en plein brouillard. Je n’ai jamais vu une brume aussi dense. Elle avait une odeur étrange, métallique… ça m’a immédiatement mis mal à l’aise. Loïc, lui, souriait. Il disait que c’était un signe.

En approchant de la cascade, quelque chose a changé. Le bruit de l’eau ne sonnait pas normal. Pas comme une chute d’eau classique, mais plus… profond. Comme une vibration. Quand on est arrivés, j’ai juré que l’eau ne tombait pas. Elle remontait. Comme si elle était aspirée vers le ciel.

Et là, on les a vus. Des silhouettes immobiles, toutes vêtues de blanc, disposées en cercle autour de la cascade. On aurait dit qu’elles nous attendaient. On a d’abord pensé à une secte locale, mais elles ne parlaient pas. Elles ne bougeaient pas. Elles semblaient flotter.

Loïc s’est avancé, pendule à la main. Son visage avait changé, comme s’il souffrait mais qu’il ne pouvait pas reculer. Il a dit que “l’énergie montait trop haut sur l’échelle de Bovis”, que ça dépassait tout ce qu’il avait mesuré. Ses doigts tremblaient.

Puis ça a commencé.

On a paniqué pour aucune raison. On a couru. Mais c’était comme si le chemin du retour se refermait. La cascade était toujours là, peu importe la direction. Et autour de nous, des voix incompréhensibles. Des sons inversés, comme des pleurs d’enfants joués à l’envers.

J’ai fini par m’évanouir. Quand je me suis réveillé, j’étais en bas du sentier, seul.

Depuis, je fais des cauchemars toutes les nuits. Je revois cette cascade, mais elle n’est plus faite d’eau. Elle est faite de corps. Des visages sans bouche, des bras emmêlés, qui s’écoulent sans fin. Et un son, grave, qui résonne jusque dans mes os.

Je n’arrive plus à me convaincre que c’était un simple délire collectif ou une hallucination due au brouillard.

*les prénoms ont été changés

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