bonjour je tente de commencer un romans je vous laisse un petit bout pour des retour constuctif les com mechant sais pas vraiment nescesaire 😂
PROLOGUE
Ça ne s’est pas passé comme dans les films.
Il n’y a pas eu d’explosion. Pas de sirènes hurlantes en continu. Pas de panique générale.
C’était plus subtil.
Trop subtil pour la majorité des gens.
Mais pas pour moi.
Au début, ce n’était qu’une impression. Un malaise diffus. Les nouvelles qui se contredisaient. Les autorités qui parlaient beaucoup pour ne rien dire, utilisant des mots rassurants trop souvent, comme si les répéter allait les rendre vrais.
Situation sous contrôle.
Aucune raison de s’inquiéter.
Tout est sécuritaire.
Pourtant, quelque chose clochait.
Les gens continuaient leur vie. Ils allaient travailler, faisaient l’épicerie, plaisantaient sur les réseaux sociaux. Moi, je regardais le ciel, j’écoutais les silences entre les phrases, je notais les détails que personne d’autre ne semblait remarquer.
Quand les premiers chiffres ont été corrigés.
Quand certaines routes ont fermé « temporairement ».
Quand les délais de réponse ont commencé à s’allonger.
J’ai compris.
Le monde ne s’était pas effondré.
Il avait glissé.
Et personne ne savait encore jusqu’où.
⸻
CHAPITRE 1 – JANE
Je m’appelle Jane.
J’ai trente ans. Je vis au Québec avec mon mari, Jay, et nos enfants.
Le matin où tout a vraiment commencé, rien n’avait l’air différent.
Le café goûtait pareil.
Les enfants se chicanaient pour des niaiseries.
Jay consultait son téléphone en silence, comme d’habitude.
Mais moi, je sentais cette pression dans la poitrine. Ce poids que je traînais depuis des jours sans réussir à l’expliquer.
— Jane, ça va ? m’a demandé Jay en levant enfin les yeux.
J’ai hoché la tête. Automatiquement.
Mentir était devenu un réflexe.
Les nouvelles jouaient en arrière-plan. Une voix calme, trop calme, parlait d’un incident technique, d’une zone de précaution élargie. Toujours les mêmes mots.
— Ils disent que tout est correct, a ajouté Jay.
— Ils disent toujours ça, ai-je répondu.
Il n’a pas insisté. Il me connaît assez pour savoir quand je suis déjà rendue trop loin dans ma tête.
Plus tard, quand les enfants ont joué dehors, j’ai regardé leurs silhouettes courir dans la cour. J’ai essayé de graver ce moment dans ma mémoire.
Le bruit de leurs rires.
La normalité.
⸻
Jour 1
La veille au soir, Jay était parti pour la semaine.
Les joies de la vie dans une cour à bois, au milieu de nulle part, m’avait-il dit pour m’arracher un sourire.
Je n’ai pas ri.
Lui non plus, en vérité. Il essayait seulement de me faire penser à autre chose. Mais c’était impossible.
Depuis que cette grippe avait muté.
Depuis que les gens devenaient agressifs, hypersensibles à la lumière.
C’est ce que tout le monde disait.
Voyons, ça n’arrivera pas jusqu’ici.
Ces mots revenaient sans cesse. Trop souvent.
Et je savais que c’était précisément comme ça que tout commençait. Quand on arrêtait de s’inquiéter.
C’est toujours là qu’il est trop tard.
L’après-midi, un soubresaut a traversé la rue.
Puis tout s’est arrêté.
La lumière.
Les réseaux.
Le bruit constant du monde.
Plus rien.
Un silence lourd est tombé, presque irréel, comme si la réalité avait retenu son souffle.
Et pour la première fois, j’ai compris que ce n’était pas juste une histoire aux nouvelles.
Que ce n’était plus loin.
Que c’était ici.
⸻
J’ai regardé Ady, notre husky.
Depuis le début de toute cette affaire, elle était d’un calme presque inquiétant. Comme si elle savait. Comme si, par sa tranquillité, elle essayait de nous l’imposer.
Je me suis approchée de la fenêtre.
J’ai regardé dehors.
Et mon sang s’est glacé.
Il n’y avait rien.
Aucune voiture. Aucun voisin. Aucun bruit.
C’est quand tout menace de changer et que tout reste calme que le danger est le plus grand. Le plus insidieux.
Heureusement, depuis le début des mutations, nos sacs étaient prêts. Une vieille habitude devenue nécessité.
Je ne sais pas si c’était l’instinct ou autre chose. Mais à ce moment précis, j’ai compris.
C’était maintenant.
J’ai pris les enfants.
Le chien.
Les sacs.
Et j’ai quitté la maison.
⸻
Après une heure de route, Ady s’est redressée d’un coup.
Un barrage.
— Merde… ai-je murmuré.
— Hé ! Les gros mots, maman, m’a lancé Ginny, la plus jeune, les yeux pleins de stupeur. Tu as dit que c’était interdit.
Jared, mon plus vieux, déjà beaucoup trop mature du haut de ses sept ans, a rassuré sa sœur en lui tendant un petit livre.
— C’est des mots interdits pour les enfants, Ginny.
Je les ai regardés dans le rétroviseur.
Dans quel monde vont-ils grandir ?
Le policier m’a expliqué qu’un groupe bloquait la route principale. Je devais retraverser la ville pour prendre un détour. Par prudence, j’ai choisi le plus escarpé.
Le silence est redevenu pesant.
— J’ai envie de faire pipi ! a crié Ginny.
Nous n’avions pas le temps… mais j’ai cédé.
Après la pause, j’ai nourri Ady juste avant de remonter.
TOC. TOC.
Le bruit était sec. Violent.
Ady s’est redressée sans un son.
Mon regard a glissé vers la carabine sur le siège passager.
Je n’ai pas bougé.
Un homme se tenait là.
Présent, mais absent. Les yeux rouges. Le regard vide. Il sifflait, crachait presque, comme un animal dérangé par la lumière.
Jared l’a vu lui aussi.
Je me suis dit que l’innocence de mon fils, dans ce monde qui devenait fou, était le dernier luxe qu’il me restait. Et je n’étais pas prête à m’en priver.
— Ts ts, ai-je murmuré à Ady.
Je suis remontée dans la voiture.
Puis j’ai pensé à mon téléphone.
Je ne l’avais pas allumé de la journée. Le stress. Les enfants. Et à la télé, ils avaient déjà parlé de la fin du réseau cellulaire.
Je l’ai allumé quand même.
Par espoir.
Mais cet espoir s’est effrité comme des algues au soleil.
Le dernier message de Jay.
« Ils sont devenus fous dans l’atelier de mécanique.
On essaie de se rejoindre à la planque.
Je vous aime. Soyez prudents. »
submitted by /u/josiedebauteur1
[link] [comments]
