Dans une famille richissime au nord du Cameroun, l’opulence se lit partout : dans les villas immenses aux portails d’acier, les voitures rutilantes alignées dans les cours pavées, les bijoux étincelants qui brillent à chaque réception mondaine. Chaque membre prospère, étudie à l’étranger, dirige une entreprise florissante ou siège à de hauts postes. Aux yeux du monde, ils incarnent la réussite, la lignée bénie des dieux de la fortune.
Pourtant, derrière les murs marbrés et les rideaux de soie, une terreur ronge la famille. Chaque année, le 6 juin, à la même heure, la prospérité s’ensanglante : l’un d’eux est retrouvé mort, sans cause ni explication. La victime, la veille encore, trinque au champagne, plaisante, et respire la santé. Mais au matin, on la découvre figée, les yeux exorbités comme si elle avait contemplé l’innommable.
Les autopsies commandées à prix d’or par les plus grands médecins ne donnent rien. Pas de poison, pas d’accident, pas de défaillance. Comme si la mort, elle-même, se contentait d’arracher l’âme en silence. Les plus anciens, dans l’ombre des salons décorés d’ivoire, chuchotent qu’un ancêtre aurait payé leur prospérité au prix d’un pacte : un tribut de sang, un héritage maudit.
À mesure que la date fatidique approche, le faste de la maison semble se fissurer. Les lustres en cristal tremblent sans qu’aucun souffle d’air n’entre. Les tableaux de maîtres, témoins muets de leur gloire, paraissent observer les vivants avec un regard accusateur. Dans les couloirs tapissés de tapis persans, des pas résonnent la nuit alors que chacun est enfermé dans sa chambre luxueuse.
Les enfants, malgré les jouets venus d’Europe et les chambres princières, pleurent dans leur sommeil, hantés par des cauchemars d’une silhouette sombre qui s’approche, ses mains tendues pour réclamer son dû. Et dans les nuits précédant le 6 juin, les domestiques, bien payés pour se taire, jurent entendre des murmures gutturaux derrière les murs, comme une langue oubliée exigeant paiement.
Puis vient minuit. Le silence tombe, lourd, glacial, même les générateurs dernier cri semblent se couper un instant. Alors la maison choisit sa proie. Le lendemain, la richesse ne protège plus. Un cri éclate, et un nouveau cadavre s’ajoute à la liste.
La famille s’enrichit toujours, année après année. Mais chaque 6 juin, elle paie son tribut. Leur fortune a un prix, et ce prix est le sang des leurs.
submitted by /u/Sensitive_Call_6558
[link] [comments]
