Salut ! Je tiens juste à préciser que j’ai posté de base ce post sur le Lets not meet anglais avant de découvrir que y’en avait un français, donc je me suis permis de le re- mettre dans ce sub reddit ici présent ou nous sommes entre baguette comme on dit si bien ! Donc si jamais vous faites un tour sur l’autre et que vous voyez mon post, c’est tout à fait normal !
Je m’appelle Nolan et j’ai 24 ans aujourd’hui, mais quand cette histoire s’est passée, j’en avais seulement 12. J’habite pas loin de Paris, mais j’ai toujours adoré voyager depuis que je suis gamin. Pendant cinq étés de suite, de 2009 à 2013, ma mère m’inscrivait chaque mois de juillet à des colonies de vacances. C’était des expériences géniales. J’ai parcouru la France, fait du camping, de la randonnée, de la spéléo, de l’accrobranche… Que des trucs fun, et j’adorais ça.
Mais l’été 2013 a été le pire de ma vie. Et ce fut la dernière fois que je suis allé en colonie.
Cette année-là, la colo se passait sur l’Île d’Oléron, une île à l’ouest de la France reliée au continent par un grand pont. L’endroit est connu pour sa chaleur l’été, ses bons produits locaux, ses plages, et surtout pour Fort Boyard, une ancienne prison en pleine mer.
Le camp était installé en pleine nature. Imaginez plusieurs petits bâtiments disposés en forme de “L”. D’un côté, l’entrée. De l’autre, des buissons épais qui plongeaient directement dans la forêt. Les bâtiments étaient séparés en dortoirs pour les enfants, salle à manger, lingerie, et chambres des animateurs.
À l’époque, j’étais assez rebelle et j’aimais pas trop suivre les règles. Heureusement, deux de mes potes, Malik et Enzo, étaient avec moi. Autant dire qu’on était prêts à faire n’importe quoi.
Les six premiers jours se sont super bien passés. On s’éclatait. Mais au septième jour, on a commencé à déraper — surtout à cause de nous. Ce soir-là, on avait une veillée feu de camp, avec des jeux de société comme Uno, de 20h à 23h. Ensuite, les animateurs ont annoncé le couvre-feu, tout le monde est allé se coucher. Je partageais ma chambre avec Malik et Enzo. On s’est brossé les dents, puis au lit. Environ 30 minutes plus tard, toutes les lumières ont été coupées.
C’est là que j’ai eu une idée pourrie : une balade de nuit dans la forêt. On avait 12 ou 13 ans à peine. On a discrètement ouvert notre fenêtre, regardé autour : tous les animateurs dormaient, crevés de leur journée. On a traversé silencieusement la cour du camp, longé les bâtiments, et on est entrés dans les buissons de l’autre côté.
On a marché 10-15 minutes dans la forêt. Moi, je racontais des histoires flippantes pour faire marrer les autres. Jusqu’au moment où on est tombés sur un vieux portail rouillé, celui d’une maison abandonnée. Elle était délabrée, lugubre, comme une maison de sorcière. Et bien sûr, comme on était jeunes et débiles, on a décidé d’entrer dans le jardin.
Le portail était étonnamment ouvert. On est donc rentrés.
À peine quelques pas dans le jardin… un hurlement énorme a retenti. Une voix d’homme, grave, menaçante, qui a crié quelque chose qu’on n’a même pas compris au début tellement on était tétanisés. Puis la porte de la maison s’est ouverte d’un coup, sous le porche, et on a vu un homme foncer vers nous.
On a paniqué. Presque en pleurs, on a rouvert le portail à toute vitesse et on s’est mis à courir comme jamais, droit vers le camp.
On est arrivés essoufflés, en larmes, en réveillant tout le monde. On était dans un état de panique totale. Les animateurs nous ont évidemment engueulés , c’était hyper dangereux ce qu’on avait fait , mais ils ont bien vu à nos têtes qu’on n’inventait rien. On leur a tout raconté et ils nous ont laissés retourner dans notre chambre. Moi j’ai pas dormit .
Un détail m’est resté en tête grâce à la lumière de la lune : l’homme boitait. Il avait une jambe de bois. Mais malgré ça, il courait vite. un peu trop meme d’ailleurs
Je pensais que c’était fini. Mais non.
Le neuvième jour, dernier jour de camp, on faisait des activités dehors quand un animateur a demandé à tout le monde s’il avait son maillot de bain : on allait à la piscine. Je lui ai dit que j’avais oublié le mien et que j’allais le chercher dans la chambre. Le dortoir était à peine à 10 mètres.
J’y suis allé seul. J’ai ouvert la porte et, sans trop savoir pourquoi, je l’ai refermée derrière moi sans allumer la lumière.
Il faisait presque noir complet dans la pièce à cause des volets, mais la lune filtrait un peu à travers de petits trous. Et là… à cinq mètres de moi, j’ai vu une silhouette humaine, grande, immobile.
Je pouvais pas voir son visage. Juste une forme. Je comprenais pas. J’étais figé. Paralysé.
Pendant ce qui m’a semblé une éternité (probablement 5-6 secondes), je suis resté comme ça, incapable de bouger. Puis j’ai tourné les talons d’un coup, ouvert la porte et je me suis mis à courir, en hurlant qu’il y avait quelqu’un dans ma chambre.
Je suis revenu en pleurs au centre du camp. Plusieurs animateurs ont couru vérifier. Quand ils sont revenus, ils ont demandé à tout le monde de venir.
Ils avaient trouvé quelque chose sur le sol.
Une feuille. Avec ces mots écrits dessus :
« Je reviendrai cette nuit. »
Je suis resté figé, glacé. Puis j’ai explosé en larmes.
Cette nuit-là, les animateurs ont fait des rondes deux par deux devant chaque porte. Personne n’a pu entrer. Heureusement, personne n’est revenu non plus.
Le lendemain, on est rentrés chez nous. Et depuis ce jour, je suis plus jamais allé en colo J’ai mis des années avant d’oser repartir en vacances dans un endroit inconnu. C’est seulement à 19 ans que j’ai commencé à voyager à nouveau.
Quand j’ai raconté tout ça à ma mère, elle m’a dit que j’avais été a la fois con et courageux pour mon âge, et que j’avais bien fait de crier, parce que qui que ce soit , il n’avait clairement pas de bonnes intentions . Et ouais, franchement… entrer dans cette forêt était l’idée la plus débile en vrai de vrai.
Douze ans plus tard, je m’en souviens encore. J’ai toujours ces questions en tête : c’était qui ? Était-ce le même homme ? Qu’est-ce qu’il voulait ? Comment a-t-il trouvé ma chambre ? J’en ai fait des cauchemars pendant des années.
Aujourd’hui, j’en rigole un peu, mais parfois, il suffit d’un rien pour que l’angoisse me reprenne.
submitted by /u/Ok-Faithlessness9628
[link] [comments]
