(Cette histoire est longue, vraie, vécue par moi-même et contient un passage gore.)
Depuis toujours, ma seule peur était qu’une personne s’introduise chez moi. Rien que d’en parler, ça me faisait froid dans le dos. Mais parmi tous les scénarios que je me faisais, je n’étais pas prête à imaginer ce qui allait m’arriver…
Pour vous mettre dans le contexte, ma mère et moi habitons au premier étage d’une résidence très tranquille bordée d’un parc et de commerces. Dans une ville tranquille où vraiment rien ne se passe. (oui je sais, c’est un peu cliché).
De ce que je me souvienne, aucun incident n’était jamais arrivé, aucun cambriolage ni même aucun dérangement d’aucune sorte. Cependant parfois il m’est arrivé d’entendre quelqu’un sonner à notre nom sur l’interphone ou toquer à la porte. Mais cela arrivait rarement. Jusqu’à l’été de mes 15 ans.
C’était au mois d’aout, cette semaine précisément, j’ai fait 3 rêves consécutifs où un homme tentait de rentrer chez moi. D’habitude il m’arrivait de faire des rêves prémonitoires mais je n’y croyais pas car cela concernait des choses trop banales. Mais le troisième matin après le dernier rêve, j’eus un mauvais pressentiment et je me suis demandé : “Mais que va-t-il se passer cette nuit ?”
Je me suis couché le soir sans me rendre compte de l’erreur que j’ai faite de rester dans cet appartement. Cette nuit-là, je me suis réveillé très agité vers 3 H 30 pour aller aux toilettes. Puis j’ai mis beaucoup de temps à trouver le sommeil, je me sentais très agité. Au moment où je me suis allongée, retentit lentement, brisant le silence de cette nuit chaude d’été, la sonnette de mon appartement, qui avait un bruit vieux de tinter de grésillement. Je me suis d’abord demandé si c’était des amis bourrés de mes voisins du rez-de-chaussée car ils organisaient souvent des soirées l’été sur leur terrasse. Mais personne ne parlait. Puis un autre coup de sonnette plus lent encore, très appuyé. Vous savez, comme dans les films d’horreur. Mais avant que j’aie eu le temps de souffler, la poignée de la porte d’entrée se mit à trembler, j’étais dans ma chambre mais je l’entendais, le bruit des clés bouger puis bientôt celui de la porte vibrer en raison des coups violents qu’on lui portait. Je me mis à trembler, comprenant que notre joyeux visiteur n’était pas bourré, de plus que pour trouver notre porte il fallait prendre un chemin bien distinct. Je l’entendais essayer d’enfoncer la porte très violemment sans jamais parler. Et d’un coup, plus rien. Oui oui, plus rien du tout. Je me suis d’abord calmé mais malheureusement ce n’était que le début d’une longue nuit. Ma mère dort avec des boules Quiès et se réveillait à 5 h pour aller travailler à l’hôpital.
Il était maintenant 4 H quand la sonnette se remit à sonner. Et c’est seulement à ce moment-là que je compris : mes rêves étaient prémonitoires. Je me mis à trembler de tout mon corps en réalisant ce que j’étais en train de vivre. Il fallait se rappeler les règles en cas d’essai d’intrusion :
— Ne pas parler.
— Ne pas bouger, ni faire de bruit.
— Aucune lumière, aucun déplacement.
— Se mettre en sécurité…
Hélas il n’y avait pas de sécurité, juste une porte que l’on pouvait fermer à double tour. J’espérais juste qu’elle tienne jusqu’au réveil de ma mère, qui pourrait appeler la police ou juste m’aider car j’étais maintenant tremblante, tétanisée dans mon lit en entendant les coups de plus en plus fort et ma mère qui ne se réveillait pas. Puis il sonna une fois à ce qui semblait être la sonnette de ma voisine, mais non c’était ma porte qu’il essayait toujours d’enfoncer. C’est là que j’eus la confirmation qu’il était là pour nous. Durant ces 2 H qui m’avaient paru en être le double. Ses attaques furent espacées de minutes de grand silence, froid, sans aucun bruit de pas sur le palier ni aucune voix.
J’étais loin de savoir ce qu’il faisait pendant ses silences, j’étais juste seul, plongé dans une terreur froide, comprenant lentement que ce n’était pas un cabrioleur. Mais un psychopathe au sens propre qui appuyait lentement sur la sonnette.
Puis tout se mit à aller très vite. Quand ma mère fut réveillée, elle me retrouva en pleurs au bord de son lit. Pendant ce temps-là, l’homme avait cessé. Je racontai à ma mère l’histoire mais elle ne me crut pas. Étant très terre à terre et sans aucune preuve, elle pensait à un mauvais rêve. Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’elle aussi avait fait les mêmes rêves que moi. Elle se prépara pendant que je tentais de la convaincre de ne pas sortir, sachant très bien le danger qu’elle courait. Elle ouvrit la porte et nous fûmes étonnés par la scène : des paillassons, 6 paillassons appartenant à plusieurs résidents tous réunis devant notre porte. Et deux mouchoirs, un froissé et un rempli de sang. Et sur le mur blanc immaculé des giclures de sang. Qui avait bien pu faire ça ? À qui appartenait tout ce sang ?
Elle voulait partir quand même au travail, j’étais à genoux, je la suppliais les larmes aux yeux de rester mais elle est sortie. Elle s’avança, prit l’escalier sombre et au moment où la lumière s’alluma, elle se retrouva nez à nez avec un homme d’environ 40 ans aux vêtements tachés de sang, un peu déchirés, qui, après un sourire, lui courut après. C’est là qu’elle rentra dans l’appart, ferma la porte et je la vis, la terreur dans ses yeux quand elle me dit que cet homme était là pour nous abattre. Que c’était la seule chose qu’il voulait nous et rien d’autre. Allez savoir pourquoi. C’est là que je m’effondrai et crus que c’était notre jour. Ma mère m’ordonna d’appeler le 114. Elle regarda par le judas quand elle vit l’homme se retourner et lui sourire un grand et beau sourire de détraqué. Je tremblais face à ses actes, il comprit qu’il ne pouvait pas nous atteindre physiquement alors il décida de nous atteindre mentalement. Il utilisait en fait les mouchoirs pour ne pas laisser d’empreintes s’il réussissait à rentrer. Il était intelligent. Il comprenait bien qu’il était observé et c’est là que je compris ce qu’il se passait pendant les silences. Je le vis s’agenouiller sur les paillassons, s’ouvrir le bras et répandre son sang sur les murs blancs immaculés, sur la porte par terre. Il se mit enfin à parler, mais ce qu’il disait durant ce que j’ai appelé son “rituel” était imperceptible.
Cela devenant de plus en plus violent, son sourire de plus en plus oppressant, le sang coulait de plus en plus, à flots, assez pour salir les murs blancs. Je n’en pouvais plus, j’étais à terre. Quand la police est enfin arrivée après cette nuit d’horreur, il était 7 H environ. Ils l’ont pris en charge. Quand ils ont fini, nous avons pu ouvrir la porte et constater à la lumière jaune de notre pallier tout ce sang. L’atmosphère était pesante, le bruit de ses vieilles lumières jaunâtres, les murs trop blancs, trop lumineux qui reflétaient le sang rouge vif qui dégoulinait encore, et surtout, enfin, le visage bien dessiné de cet homme au regard perçant.
Quand la police lui a demandé pourquoi, il a répondu dans un français très poli avec un air presque bourgeois : “Mais enfin, je croyais que j’étais chez moi ici.” Cette phrase pourrait vous paraitre anodine, mais non !! Rappelez-vous que cet homme ne nous a pas touchés malgré le traumatisme violent qu’il nous a fait vivre. Il n’est donc pas vraiment punissable par la loi. De plus la police, malgré ce carnage, nous interrogea comme si nous étions les coupables car à cause de cette simple et si innocente phrase, il avait insinué que nous connaissions cet homme et que cela devait être une dispute sordide entre des ex ou autres qui voulaient se pourrir la vie.
Après le départ de la police, je me mis donc, par un beau matin d’été, à nettoyer des giclures de sang partout et c’est là que je me rendis compte d’un détail important. En regardant de plus près, la porte de l’immeuble était restée toute la nuit ouverte car nous étions en été. Mais pourtant les boutons de l’interphone pour trouver les noms et les numéros étaient eux aussi tachés de sang. Il nous connaissait et nous avait cherchés…
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